Peut-on être licencié pendant un arrêt maladie ?

Peut-on être licencié pendant un arrêt maladie ?
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Un arrêt maladie ne met pas le salarié à l’abri d’un licenciement, mais encadre strictement les motifs autorisés. Comprendre ces règles est essentiel pour tout salarié ou employeur confronté à cette situation : entre protections renforcées, procédures obligatoires et risques de discrimination, les enjeux juridiques et financiers sont considérables et méritent une attention particulière.

Quand le licenciement en arrêt maladie est-il autorisé ou interdit ?

En droit du travail français, l’arrêt maladie suspend le contrat de travail — il ne le rompt pas. Cette distinction fondamentale structure l’ensemble des règles applicables au licenciement d’un salarié absent pour raison de santé.

Un principe général : la discrimination par la santé est interdite

L’article L1132-1 du Code du travail pose une règle claire : licencier un salarié en raison de son état de santé constitue une discrimination. Tout licenciement motivé, directement ou indirectement, par la maladie encourt la nullité. Le salarié peut alors demander sa réintégration et obtenir une indemnisation intégrale de son préjudice. Cette nullité est distincte du simple licenciement sans cause réelle et sérieuse, nettement moins protecteur.

Les situations de protection renforcée

Certains salariés en arrêt bénéficient d’une protection spécifique, plus stricte encore :

  • Accident du travail ou maladie professionnelle (AT/MP) : le licenciement n’est autorisé que pour faute grave ou impossibilité absolue de maintenir le contrat, conformément à l’article L1226-9 du Code du travail.
  • Maladie consécutive à un manquement de l’employeur : harcèlement moral, burn-out, non-respect des préconisations du médecin du travail — le licenciement est nul.
  • Clause de garantie d’emploi conventionnelle : certaines conventions collectives (métallurgie, chimie) interdisent tout licenciement pendant 6, 12 ou 24 mois d’absence.
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Dans tous les cas, tout licenciement doit reposer sur une cause réelle et sérieuse, objective et vérifiable — sous peine d’être qualifié d’abusif ou annulé pour discrimination.

Quand le licenciement en arrêt maladie est-il autorisé ou interdit ?

Quels sont les motifs légaux permettant un licenciement pendant un arrêt maladie ?

En droit du travail français, quatre motifs légaux permettent à un employeur de rompre le contrat d’un salarié en arrêt maladie de droit commun.

La perturbation du fonctionnement de l’entreprise

L’absence prolongée ou répétée du salarié doit simultanément désorganiser l’entreprise et rendre nécessaire son remplacement définitif. Le juge apprécie trois critères cumulatifs : la durée de l’absence, la taille de l’entreprise, le poste et la qualification du salarié. L’absence ne doit jamais résulter d’un manquement de l’employeur à son obligation de sécurité.

Le motif disciplinaire

La faute — simple, grave ou lourde — doit être étrangère à la maladie. Les situations reconnues par la jurisprudence sont les suivantes :

  • Faute commise avant l’arrêt maladie
  • Activité concurrente exercée pendant l’arrêt (manquement à l’obligation de loyauté)
  • Insultes, injures ou menaces envers l’employeur
  • Non-transmission répétée du certificat médical malgré mises en demeure
  • Refus de restituer du matériel professionnel
  • Procédure disciplinaire engagée avant l’arrêt

L’article L1332-4 du Code du travail fixe un délai de prescription de deux mois à compter de la découverte des faits fautifs.

Le motif économique

L’article L1233-3 du Code du travail autorise le licenciement économique pendant un arrêt maladie en cas de difficultés économiques, mutations technologiques, réorganisation nécessaire ou cessation d’activité, sous réserve de la suppression effective du poste. La maladie ne doit jamais constituer un prétexte : tout détournement expose l’employeur à une nullité pour discrimination.

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L’inaptitude constatée par le médecin du travail

Après déclaration d’inaptitude physique par le médecin du travail, si le reclassement s’avère impossible, l’employeur peut procéder au licenciement pour inaptitude. Ce motif suit une procédure distincte des licenciements classiques.

Quels sont les motifs légaux permettant un licenciement pendant un arrêt maladie ?

Quelle procédure et quelles indemnités en cas de licenciement pendant un arrêt maladie ?

Le respect de la procédure légale conditionne la validité du licenciement, quelle que soit sa nature. Une erreur de forme expose l’employeur à une condamnation prud’homale immédiate.

La procédure à respecter impérativement

L’employeur doit suivre les étapes suivantes, sans exception :

  1. Convocation à l’entretien préalable par lettre recommandée ou remise en main propre
  2. Tenue de l’entretien préalable : le salarié peut demander un report s’il est dans l’impossibilité de se déplacer
  3. Notification du licenciement par lettre motivée, avec des motifs clairs, précis et vérifiables

Pour le licenciement économique, l’employeur informe la Dreets dans les 8 jours suivant l’envoi de la lettre. Les critères d’ordre des licenciements s’appliquent de façon objective. La consultation du CSE à Paris comme en région reste obligatoire dans les entreprises concernées.

Vérifier la convention collective avant toute procédure est impératif : certaines prévoient des clauses de garantie d’emploi.

Les indemnités dues au salarié licencié

Le salarié licencié pendant un arrêt maladie perçoit, sous conditions d’ancienneté :

  • Indemnité légale ou conventionnelle de licenciement
  • Indemnité compensatrice de congés payés

Concernant le préavis : si la maladie empêche son exécution, l’indemnité compensatrice de préavis n’est pas due. Elle le devient uniquement si l’employeur dispense expressément le salarié de l’exécuter. En cas de licenciement économique, des règles spécifiques s’appliquent selon le dispositif d’adhésion à France Travail.

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Le non-respect de la procédure expose l’employeur à deux risques majeurs : un licenciement sans cause réelle et sérieuse, indemnisé selon le barème Macron (art. L1235-3 C. trav.), ou une nullité pour discrimination avec réintégration possible du salarié.

Quelle procédure et quelles indemnités en cas de licenciement pendant un arrêt maladie ?

Licenciement et arrêt maladie : vers une meilleure protection des salariés ?

Le cadre juridique entourant le licenciement pendant un arrêt maladie devrait continuer d’évoluer, notamment sous l’impulsion de la jurisprudence et des réformes sociales. La question du burn-out et des maladies liées aux conditions de travail pourrait conduire à un renforcement des protections accordées aux salariés. De même, le développement du télétravail et des nouvelles formes d’organisation pourrait amener les tribunaux à redéfinir les critères de désorganisation de l’entreprise. Salariés comme employeurs ont tout intérêt à suivre ces évolutions de près.

Léo

Léo

Bonjour, je m'appelle léo et je suis un jeune entrepreneur. Actuellement professeur de marketing digital dans des écoles de commerce, je souhaite faire des articles sur ce sujet. J'espère que mes articles seront intéressants pour vous.