Les personnes nées en 1956 doivent valider 166 trimestres pour obtenir une retraite à taux plein. Cette règle, issue du décret du 27 décembre 2012, s’applique à tous les régimes de retraite. Comprendre ces exigences est essentiel pour bien préparer sa cessation d’activité et éviter une décote sur sa pension.
Quel est le nombre de trimestres requis pour partir à la retraite à taux plein en étant né en 1956 ?
Les personnes nées en 1956 bénéficient d’une règle particulière concernant la durée d’assurance nécessaire pour obtenir une retraite à taux plein. Cette génération échappe à un allongement supplémentaire de la durée de cotisation et conserve le même nombre de trimestres que les générations précédentes.
166 trimestres requis selon le décret du 27 décembre 2012
Le décret n° 2012-1487 du 27 décembre 2012 fixe définitivement à 166 trimestres la durée d’assurance nécessaire pour bénéficier d’une retraite à taux plein pour les personnes nées en 1956. Cette durée correspond à 41 ans et 6 mois de cotisation, identique à celle exigée pour les générations 1955 et 1957.
Cette règle s’applique conformément à la loi n° 2010-1330 du 9 novembre 2010 portant réforme des retraites. Le texte prévoit un mécanisme de fixation automatique de la durée d’assurance, déterminée quatre ans avant que chaque génération n’atteigne l’âge de soixante ans.
L’avis du Conseil d’orientation des retraites du 25 septembre 2012
Le Conseil d’orientation des retraites a rendu un avis technique favorable au maintien de 166 trimestres pour la génération 1956. Dans son rapport du 25 septembre 2012, l’institution justifie cette décision par le respect du ratio durée d’assurance/durée de retraite fixé en 2003.
Extrait de l’avis du Conseil d’orientation des retraites :
Pour la génération 1956, qui aura 60 ans en 2016, l’espérance de vie à prendre en compte est égale à 24,52 ans. À durée d’assurance inchangée (soit 41,5 ans), le rapport entre la durée d’assurance (41,5) et la durée moyenne de retraite (23,02) serait égal à 1,80, ce qui permet d’atteindre la cible de 1,79, correspondant à la valeur de ce ratio en 2003.
Une règle uniforme pour tous les régimes
Cette durée de 166 trimestres concerne l’ensemble des actifs, qu’ils soient salariés du secteur privé, fonctionnaires, artisans, commerçants, professions libérales ou salariés agricoles. Le nombre de trimestres est identique dans tous les régimes de retraite pour cette génération.
L’évolution progressive des trimestres selon les générations
Le système de retraite français prévoit un relèvement progressif du nombre de trimestres requis pour les générations suivantes. Cette augmentation vise à maintenir l’équilibre entre la durée d’activité et la durée moyenne de retraite, en tenant compte de l’allongement de l’espérance de vie.
| Année de naissance | Nombre de trimestres requis | Durée équivalente |
| 1955, 1956, 1957 | 166 trimestres | 41 ans et 6 mois |
| 1958, 1959, 1960 | 167 trimestres | 41 ans et 9 mois |
| 1961, 1962, 1963 | 168 à 170 trimestres | 42 à 42 ans et 6 mois |
| À partir de 1965 | 172 trimestres | 43 ans |
L’importance d’atteindre le nombre requis pour éviter la décote
Ne pas atteindre les 166 trimestres requis entraîne l’application d’une décote sur le montant de la pension de retraite. Cette réduction définitive affecte le calcul de la retraite de base et peut représenter une perte financière importante. Seul le départ à 67 ans permet d’obtenir automatiquement le taux plein, quel que soit le nombre de trimestres validés.
Pour optimiser ses droits, il est essentiel de vérifier régulièrement son relevé de carrière et de s’assurer que toutes les périodes d’activité et d’interruption sont correctement prises en compte dans le calcul des 166 trimestres nécessaires.

Pourquoi les périodes non travaillées (maladie, chômage, maternité…) comptent-elles aussi dans le calcul des trimestres pour la retraite ?
Le système de retraite français accorde une importance particulière aux périodes non travaillées. Ces interruptions d’activité professionnelle, qu’elles soient dues à la maladie, au chômage, à la maternité ou au service militaire, permettent de valider des trimestres pour atteindre les 166 trimestres nécessaires à la génération 1956. Cette prise en compte répond à un principe de solidarité et de protection sociale.
Les périodes assimilées à des trimestres cotisés
Les périodes assimilées constituent un mécanisme essentiel du calcul des droits à la retraite. Elles permettent de compenser les interruptions involontaires de carrière qui pourraient pénaliser les futurs retraités. Ces périodes sont automatiquement intégrées dans le décompte des 166 trimestres requis pour la génération née en 1956.
Le principe repose sur la validation de trimestres sans cotisation effective. Chaque période de 90 jours d’interruption d’activité indemnisée ou reconnue permet de valider un trimestre. Cette règle s’applique uniformément aux différents types d’interruption, avec toutefois des plafonds annuels spécifiques.
Validation maximale par type de période
| Type de période | Trimestres maximum par an | Conditions |
| Chômage indemnisé | 4 trimestres | Inscription Pôle emploi + indemnisation |
| Maladie | 4 trimestres | Indemnités journalières versées |
| Maternité | 4 trimestres | Congé maternité indemnisé |
| Service militaire | 4 trimestres | Service national obligatoire |
Impact sur le calcul des 166 trimestres
Pour la génération 1956, ces trimestres assimilés s’additionnent aux trimestres cotisés pour atteindre la durée d’assurance de 166 trimestres. Ils permettent de compenser les années où l’activité professionnelle a été interrompue, évitant ainsi une décote sur la pension de retraite.
Un salarié né en 1956 ayant connu deux années de chômage indemnisé validera 8 trimestres supplémentaires. Si ce même assuré a effectué son service militaire pendant un an, il obtiendra 4 trimestres additionnels. Ces 12 trimestres assimilés réduisent d’autant la durée de cotisation effective nécessaire pour atteindre les 166 trimestres requis.
Exemple pratique de calcul
Prenons le cas d’un assuré né en 1956 ayant travaillé 38 ans effectifs, soit 152 trimestres cotisés. Ses périodes d’interruption lui permettent de valider :
- 6 trimestres pour maladie (18 mois d’arrêt maladie)
- 4 trimestres pour service militaire
- 4 trimestres pour chômage indemnisé
Total : 152 + 6 + 4 + 4 = 166 trimestres, permettant un départ à taux plein.
Vérification et optimisation de ses droits
La vérification du relevé de carrière constitue une étape cruciale. Ce document, accessible sur le site de l’Assurance retraite, récapitule l’ensemble des trimestres validés, qu’ils soient cotisés ou assimilés. Des erreurs ou des omissions peuvent survenir, particulièrement concernant les périodes de chômage non déclarées ou les arrêts maladie mal référencés.
Les simulateurs officiels permettent d’évaluer précisément ses droits. Ces outils prennent en compte l’ensemble des interruptions d’activité et calculent leur impact sur la pension future. Pour les carrières hachées, caractérisées par de nombreuses interruptions, ces simulateurs s’avèrent particulièrement utiles.
Limites des périodes assimilées
Si ces trimestres permettent d’éviter la décote, ils n’ouvrent pas systématiquement droit à une pension complémentaire équivalente. Les régimes AGIRC-ARRCO, par exemple, n’accordent des points qu’en cas de cotisation effective. Cette différence peut créer un écart entre la pension de base et la retraite complémentaire.
Conseil d’orientation des retraites : “Les périodes assimilées garantissent l’accès au taux plein mais ne compensent pas intégralement la perte de revenus futurs liée aux interruptions d’activité.”

Les trimestres de retraite pour la génération 1956 : une étape vers l’évolution du système
La durée de 166 trimestres pour les personnes nées en 1956 s’inscrit dans une évolution progressive du système de retraite français. Cette génération constitue une étape intermédiaire avant les allongements plus significatifs prévus pour les générations suivantes. L’évolution démographique et l’allongement de l’espérance de vie continueront probablement d’influencer ces paramètres. Il devient donc crucial de suivre régulièrement l’évolution de la réglementation et d’anticiper ces changements pour optimiser sa stratégie de retraite.
