Après un licenciement économique, la durée d’indemnisation chômage dépend de l’âge du salarié et des réformes en vigueur. Depuis le 1er avril 2025, de nouvelles règles s’appliquent. Connaître ces durées et les dispositifs disponibles, comme le CSP, permet d’anticiper sa situation financière et de mieux organiser son retour à l’emploi.
Quelle est la durée d’indemnisation chômage après un licenciement économique ?
Un licenciement économique ouvre droit à l’ARE dès lors que le salarié justifie d’au moins 6 mois d’affiliation, soit 910 heures ou 130 jours travaillés sur les 24 derniers mois. La durée minimale d’indemnisation est de 182 jours.
Durées maximales applicables depuis le 1er avril 2025
La réforme du 1er avril 2025 fixe des plafonds d’indemnisation selon l’âge du salarié à la date de fin de contrat.
| Âge à la fin du contrat | Durée maximale | Jours calendaires |
| Moins de 55 ans | 18 mois | 548 jours |
| 55 ou 56 ans | 22,5 mois | 685 jours |
| 57 ans et plus | 27 mois | 822 jours |
Réduction de 25 % selon la conjoncture
Depuis le 1er février 2023, la durée d’indemnisation subit une réduction de 25 % lorsque le taux de chômage reste inférieur à 9 % et n’a pas progressé de 0,8 point sur un trimestre. En revanche, en cas de conjoncture dégradée, un complément de durée peut être accordé aux allocataires en fin de droits.
Durées applicables aux contrats antérieurs au 1er février 2023
Pour les contrats terminés avant le 1er février 2023, les plafonds étaient plus élevés : 24 mois (730 jours) pour les moins de 53 ans, 30 mois (913 jours) pour les 53-54 ans, et 36 mois (1 095 jours) pour les 55 ans et plus.

CSP ou ARE : quel dispositif choisir et quelle incidence sur la durée du chômage ?
Face à un licenciement économique, deux voies s’ouvrent au salarié selon la taille de son entreprise. Le choix entre ces dispositifs influe directement sur la durée totale d’indemnisation.
Le Contrat de sécurisation professionnelle dans les entreprises de moins de 1 000 salariés
Dans les entreprises de moins de 1 000 salariés, l’employeur a l’obligation de proposer le Contrat de sécurisation professionnelle (CSP). En cas d’acceptation, le salarié perçoit l’Allocation de sécurisation professionnelle (ASP), fixée à 75 % du salaire brut, pendant 12 mois. Ce dispositif inclut un accompagnement renforcé vers le retour à l’emploi. À l’issue du CSP, si le salarié n’a pas retrouvé de travail, il bascule sur l’ARE classique. La durée restante correspond à la différence entre son droit théorique et les 12 mois consommés :
Droit théorique de 18 mois − 12 mois de CSP = 6 mois d’ARE restants.
En cas de refus du CSP, le salarié perçoit l’ARE classique, avec les délais de carence habituels.
Le congé de reclassement et la priorité de réembauchage
Dans les entreprises de 1 000 salariés et plus, c’est le congé de reclassement qui s’applique, d’une durée comprise entre 4 et 12 mois, pouvant aller jusqu’à 24 mois en cas de reconversion. Par ailleurs, à l’issue du préavis, le salarié licencié bénéficie d’une priorité de réembauchage pendant 1 an.

Délais de carence et réforme 2025 : ce qui change concrètement pour les licenciés économiques
Avant le premier versement de l’ARE, trois délais successifs reportent l’indemnisation du salarié licencié pour motif économique.
Les trois délais qui retardent le premier versement de l’ARE
Le délai d’attente de 7 jours court dès l’inscription à France Travail. Il s’applique systématiquement, quelle que soit la nature du licenciement.
Le différé congés payés correspond au montant de l’indemnité compensatrice de congés payés divisé par le salaire journalier de référence. Ce différé est plafonné à 30 jours calendaires.
Le différé lié aux indemnités supralégales s’applique lorsque l’indemnité de licenciement dépasse le montant légal. En licenciement économique, ce délai est plafonné à 75 jours calendaires (contre 150 jours dans les autres cas). Exemple : une indemnité supralégale de 10 000 € divisée par 109,6 (salaire journalier de référence retenu) donne 91 jours, ramenés à 75 jours.
Durées maximales d’indemnisation depuis le 1er avril 2025
La réforme du 1er avril 2025 modifie les durées maximales d’ARE selon l’âge.
| Âge à la fin du contrat | Avant le 1er fév. 2023 | Du 1er fév. 2023 au 31 mars 2025 | Depuis le 1er avril 2025 |
| Moins de 55 ans | 24 mois | 18 mois | 18 mois |
| 55-56 ans | 30 mois | 22,5 mois | 22,5 mois (+ jusqu’à 137 jours si formation) |
| 57 ans et plus | 36 mois | 27 mois | 27 mois |
En conjoncture dégradée — taux de chômage supérieur à 9 % ou hausse de 0,8 point sur un trimestre — des compléments de fin de droits peuvent être accordés : 182 jours pour les moins de 55 ans, 228 jours pour les 55-56 ans, 273 jours pour les 57 ans et plus.

Indemnisation après licenciement économique : quelles perspectives d’évolution ?
Les règles d’indemnisation après un licenciement économique continuent d’évoluer au gré des réformes successives. La réforme du 1er avril 2025 a déjà redéfini les durées maximales selon l’âge, et de nouveaux ajustements restent possibles en fonction de la conjoncture du marché du travail. À l’avenir, des modulations supplémentaires pourraient voir le jour, notamment pour renforcer l’accompagnement des salariés seniors ou favoriser les reconversions professionnelles. Les dispositifs tels que le CSP pourraient également être renforcés pour mieux répondre aux mutations économiques et aux besoins croissants de formation.
